Mise à jour du 22 juin 2026

Le SMIC augmente de +2,41 % au 1ᵉʳ juin 2026. Le SMIC horaire brut passe à 12,31 € (contre 12,02 €), soit 1 867,02 € brut par mois pour un temps plein (35 h). Il s'agit d'une revalorisation automatique en cours d'année, déclenchée par l'inflation (notamment l'énergie) et officialisée par l'arrêté du 22 mai 2026. Elle a un effet mécanique direct sur le bas de la grille des transports routiers.

Ce que ça change pour vous : à l'embauche, les taux horaires conventionnels des conducteurs marchandises s'échelonnent en gros de 12,09 € (coefficients 110M–120M) à 12,43 € (coefficient 150M, grand routier). Avec un SMIC désormais à 12,31 €, plusieurs coefficients d'entrée repassent sous le minimum légal. La règle ne change pas : on applique toujours le montant le plus favorable au salarié, donc le SMIC. Concrètement, dès la paie de juin : repérez chaque conducteur dont le taux conventionnel est inférieur à 12,31 € et alignez-le sur le SMIC, sous peine de rappel de salaire.

À noter : à ce jour, les négociations de branche (NAO) n'ont pas abouti à une nouvelle grille de salaires étendue qui viendrait absorber cette hausse. Référez-vous toujours à la dernière grille étendue en vigueur et au SMIC du mois concerné.

La convention collective nationale des transports routiers et des activités auxiliaires du transport (brochure 3085, IDCC 16) encadre le quotidien de la grande majorité des entreprises du secteur. Salaires minima, frais de déplacement, temps de service, classifications : c'est elle qui fixe les règles du jeu entre l'employeur et ses salariés. Voici l'essentiel à jour des revalorisations 2026, expliqué simplement — et surtout ce que ça change concrètement pour votre entreprise.

Qui est concerné ?

La convention s'applique à presque tous les métiers du transport routier : transport de marchandises (TRM), transport de voyageurs (TRV), déménagement, transport sanitaire, transport de fonds et valeurs, prestations logistiques et activités auxiliaires (commission, affrètement, organisation de transport). Que vous soyez une TPE de trois camions ou une PME avec une flotte mixte, dès lors que votre activité principale relève du transport, c'est l'IDCC 16 qui s'applique. Les minima et les indemnités dépendent ensuite du coefficient de chaque salarié.

Comment lire la convention : classification et coefficients

Chaque poste est rattaché à un coefficient qui détermine le salaire minimum et certaines indemnités. Côté conducteurs marchandises, on retrouve par exemple les coefficients 110, 118M, 128, 138M et 150M, du conducteur de véhicule léger au conducteur « grand routier » hautement qualifié. Plus le coefficient est élevé, plus le minimum garanti l'est aussi. Bien classer vos salariés n'est pas un détail administratif : une erreur de coefficient, et c'est un risque de rappel de salaire.

Les grilles de salaires

La convention fixe quatre grilles de salaires minima, révisées chaque année : ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (TAM), ingénieurs et cadres. Elles sont exprimées en salaire mensuel brut sur une base de 35 heures (151,67 h/mois) et progressent avec le coefficient et l'ancienneté.

En 2026, ces grilles font l'objet de négociations annuelles (NAO) tendues : selon les sources, la revalorisation diffère et la dernière grille étendue applicable peut varier d'un métier à l'autre. Vérifiez toujours la grille étendue en vigueur à la date de votre paie. À titre indicatif, le coefficient 150M (grand routier) démarre autour de 12,43 €/h à l'embauche.

Point de vigilance — renforcé depuis le 1ᵉʳ juin 2026 : avec la hausse du SMIC à 12,31 €/h, plusieurs minima conventionnels d'embauche passent sous le SMIC. Dans ce cas, la règle est simple : l'employeur applique toujours le montant le plus favorable au salarié, c'est-à-dire le SMIC. Ne calez jamais une paie sur un minimum conventionnel devenu inférieur au SMIC.

Les frais de déplacement : la grande nouveauté 2026

C'est l'actualité la plus concrète de l'année. Les indemnités forfaitaires de frais de déplacement des ouvriers (repas et découchers) ont été revalorisées par avenant. Ces sommes ne sont pas un « bonus » : elles sont prévues par la convention et, pour un conducteur longue distance, elles représentent un vrai complément de rémunération — souvent plusieurs centaines d'euros par mois.

Transport de marchandises (TRM)

L'avenant n° 81 (signé le 2 décembre 2025) revalorise les indemnités du transport de marchandises, des activités auxiliaires, du déménagement, du transport de fonds et des prestations logistiques. Les nouveaux montants s'appliquent depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (hausse d'environ +1 %) :

  • Indemnité de repas : 16,36 € (repas pris en déplacement, hors du lieu de travail).

  • Grand déplacement (découcher) : 52,31 € pour 1 repas + 1 nuitée, et 68,67 € pour 2 repas + 1 nuitée.

Le « grand déplacement » correspond à un découcher : le conducteur passe la nuit hors de son domicile. Dans les limites prévues, ces indemnités ne sont en principe ni imposables ni soumises à cotisations sociales — d'où leur poids dans la rémunération nette.

Transport de voyageurs et transport sanitaire

L'avenant n° 82 (11 février 2026) revalorise les frais de déplacement des ouvriers du transport de voyageurs et du transport sanitaire, à compter du 1ᵉʳ mars 2026. Il a fait l'objet d'une procédure d'extension publiée au Journal officiel, ce qui le rend obligatoire pour toutes les entreprises de la branche, signataires ou non.

Attention au régime social et fiscal

L'exonération de cotisations et d'impôt n'est acquise que dans les limites et conditions prévues (notamment les plafonds URSSAF d'indemnités de repas et de grand déplacement). Conservez de quoi justifier la réalité du déplacement : au-delà des limites ou sans justification, l'URSSAF peut requalifier ces indemnités en salaire. Un suivi propre des tournées et des découchers est donc autant un sujet de paie que de conformité.

Temps de service et durée du travail

Le transport applique des règles spécifiques de temps de service (et non de simple « temps de travail ») pour les personnels roulants : durées d'équivalence, amplitude de la journée, coupures, seuils de déclenchement des heures supplémentaires et repos sont propres à la branche. Pour les conducteurs, ce décompte s'appuie sur les données du chronotachygraphe et de la carte conducteur. Un suivi précis des heures, des coupures et des découchers est indispensable pour rester conforme — et pour payer juste, sans rappel ni litige.

Ce que ça change pour vous : la check-list

Concrètement, chaque évolution impose d'agir à la bonne date. Voici les réflexes :

  • Contrôler le respect du SMIC (12,31 €/h depuis le 1ᵉʳ juin 2026) pour chaque coefficient, et aligner les taux conventionnels devenus inférieurs.

  • Re-paramétrer les indemnités de repas et de grand déplacement aux montants 2026, à la date d'application (1ᵉʳ janvier pour les marchandises, 1ᵉʳ mars pour voyageurs/sanitaire).

  • Vérifier la grille de salaires étendue en vigueur.

  • Contrôler les classifications de vos salariés (coefficients à jour).

  • Tracer les déplacements (repas, découchers, heures) pour sécuriser la paie et l'exonération URSSAF.

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Questions fréquentes

Quel est le SMIC applicable dans le transport routier depuis le 1ᵉʳ juin 2026 ?

12,31 € brut de l'heure (soit 1 867,02 € brut/mois pour 35 h), après la revalorisation automatique de +2,41 % au 1ᵉʳ juin 2026. Tout minimum conventionnel inférieur doit être aligné sur le SMIC.

Quel est le montant de l'indemnité de repas dans le transport de marchandises en 2026 ?

16,36 € par repas pris en déplacement, depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (avenant n° 81).

Combien touche un conducteur pour un découcher ?

L'indemnité de grand déplacement est de 52,31 € (1 repas + 1 nuitée) ou 68,67 € (2 repas + 1 nuitée) en 2026, dans les conditions de la convention.

Ces indemnités sont-elles imposables ?

En principe non, dans les limites et conditions prévues (plafonds URSSAF, justification du déplacement). Au-delà, la part excédentaire peut être réintégrée.

Que faire si le minimum conventionnel est inférieur au SMIC ?

On applique le montant le plus favorable au salarié : le SMIC.

Sources